« 7 novembre 1861 » [source : BnF, Mss, NAF 16382, f. 146], transcr. Sophie Gondolle, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6683, page consultée le 08 mai 2026.
Guernesey, 7 novembre 1861, jeudi matin, 8 h.
Bonjour, mon grand bien aimé, bonjour mon ineffable bien aimé, bonjour, je t’aime. Je ne sais pas ce que Dieu nous garde aujourd’hui d’épreuves ou de bonheur mais ce que je sais, c’est que je t’aime et que je voudrais, au prix de ma vie, ne pas te donner de souci, ni d’ennui d’aucune sorte. J’espère que rien ne viendra troubler notre pauvre petit intérieur si doux et si heureux quand nous ne sommes que nous. Cependant, je tâcherai, quels quesa soient les incidents heureux ou malheureux, de faire bonne contenance devant la bonne comme devant la mauvaise chance. En attendant, je te supplie de ne pas te troubler, toi, et de penser à m’apporter de la copire, cette panacée à tous mes maux. Sur ce, mon cher petit homme, je vous baise de l’âme et je vous adore de tout mon cœur.
Votre Baucis1 Juju
1 Philémon et Baucis, couple de vieillards toujours amoureux, et hospitaliers (Ovide, Métamorphoses, VIII, 611-724)
a « quelques ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo termine Les Misérables en Belgique. Juliette copie avec délices.
- 16 janvierHugo se laisse pousser la barbe.
- 25 mars-3 septembreVoyage à Londres, puis en Belgique et en Hollande et dans les environs ; séjour à Mont-Saint-Jean, à l’hôtel des Colonnes. Hugo quitte parfois Juliette pour rendre visite à sa famille à Bruxelles.
- 20 décembreHugo consent au mariage de sa fille avec le lieutenant Pinson.
